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Simon Gabourg - Papi, dis-moi pourquoi les arbres pleurent ? 
du 25 septembre au 1er novembre 2026  Fabrique Pola, 10 quai de Brazza à Bordeaux

Exposition partenaire du projet BLACK GROUND : MURMURES DES MORNES, porté par le Capc - Musée d'art contemporain, le Frac Méca Nouvelle-Aquitaine, le Musée d'Aquitaine, la Bibliothèque de Mériadeck, Zébra3 et les Archives de Bordeaux Métropole jusqu'au au 27 mars 2027.

Commissariat Cédric Fauq et Salma Mochtari

VERNISSAGE
VENDREDI 25 SEPTEMBRE  
I 18:30 - 00:00
GRATUIT
DJ set djbaboule@_zch444
Buvette Polacabana  


 

Premier volet d’un projet qui se déploie en deux temps, à la Fabrique Pola à la rentrée puis aux Archives de Bordeaux Métropole à la fin de l’année ; « Papi, dis-moi pourquoi les arbres pleurent ? » est l’exposition la plus ambitieuse réalisée par Simon Gabourg à ce jour. Elle est également l’extension d’une installation actuellement présentée au Capc musée d’art contemporain de Bordeaux intitulée Je cherche des traces de toi (2026) (1) et s’inscrit dans Blackground : murmures des mornes.

« Papi, dis-moi pourquoi les arbres pleurent ? » est le fruit d’une année de résidences de recherches et de production menées entre Bordeaux à Zébra3 et aux Archives de Bordeaux Métropole (2), Taïwan au Pier2 Art Center, et la Guadeloupe, où l’artiste, qui y est né et y a en partie grandi, a effectué plusieurs voyages. C’est grâce à l’enracinement temporaire sur ces territoires qu’il en est venu à effectuer des recherches sur l’hévéa brésilien, espèce d’arbres qui produit le latex à partir duquel est obtenu le caoutchouc. Plante qui, comme son nom l’indique, est d’abord endémique d’Amérique du Sud et qui sera, à partir du début du XIXème siècle, introduites sur différents territoires au climat tropical pour en accélérer la production et en augmenter le rendement.

Comme le titre de l’exposition le suggère, le projet de Simon Gabourg part d’un questionnement sur sa propre histoire familiale. En 1950, l’un de ses grands-pères quitte la Martinique pour rejoindre le Vietnam sous l’égide de l’armée française lors de la guerre d’Indochine. C’est sa présence sur ce territoire et son métier de conducteur qui vont l’amener – par association avec le pneu – à l’hévéa, cultivé dans des plantations qui servent notamment les intérêts d’entreprises françaises comme Michelin.

Selon un mode opératoire établi lors de ses années d’études à l’ebabx école supérieure des beaux-arts de Bordeaux – d’où il est sorti diplômé en 2022 – et développé ensuite sur plusieurs années, la focalisation de Simon Gabourg sur l’hévéa lui permet de concentrer un ensemble d’histoires et d’en extraire une variété de formes. Auparavant, il avait notamment employé la palette de transport en bois, symbole de circulation commerciale et logistique post-colonial, comme matière principale de ses sculptures – qui prenaient également la forme de végétaux. [...]

Aux abords de la Garonne, dans les hangars de la Fabrique Pola, l’exposition prend également un sens particulier puisque le port de Bordeaux a joué un rôle historique dans l’importation du caoutchouc en France, notamment lors de la première moitié du XXème siècle. La triangulation qu’opère « Papi, dis moi pourquoi les arbres pleurent ? » entre les Antilles, Bordeaux et le Vietnam vient complexifier et brouiller les routes de circulation de denrées et de personnes que l’on a l’habitude de raconter lorsqu’il s’agit de traiter de ces territoires.

Inscrit dans le projet « Blackground : murmures des mornes » qui s’intéresse aux survivances de l’esclavage dans le monde contemporain, le projet de Simon Gabourg nous fait aussi sentir les échos mortifères du système plantationnaire tout en donnant une forme à ce que l’on pourrait appeler la résilience décoloniale, ou la capacité des corps, des terres et autres êtres vivants à survivre malgré et avec la catastrophe.

Cédric Fauq
Commissaire en chef Capc musée d’art contemporain de Bordeaux


(1) Je cherche des traces de toi, 2026 dans « Blackground : murmures des mornes » au Capc musée d’art contemporain jusqu’au 27 mars 2027.
(2) Simon Gabourg présentera un second volet de son exposition aux Archives de Bordeaux Métropole à partir du 10 décembre 2026.

EXPOSITION 

DU 25 SEPTEMBRE AU 1ER NOVEMBRE

GRATUIT

du jeudi au dimanche

I 14:00 - 19:00

BLACK GROUND : MURMURES DES MORNES

Série de six expositions jusqu'au 27 mars 2027 au Capc et dans cinq lieux partenaires de la ville de Bordeaux : Frac Méca, Musée d’Aquitaine, Bibliothèque de Mériadeck, Zébra3 - Fabrique Pola et Les Archives de Bordeaux Métropole, « Blackground : murmures des mornes » rassemble près de cinquante artistes, dont une majorité issue des diasporas afrodescendantes ultramarines.


À partir de Bordeaux et de l’Entrepôt Lainé – construit pour stocker des denrées coloniales – le projet explore les survivances de l’esclavage : ce qui demeure de sa violence, mais aussi ce qui lui a survécu. Comment montrer sans capturer, sans reproduire les violences qui ont fait des corps, des savoirs et des territoires des objets d’appropriation ?


« Blackground : murmures des mornes » invite à écouter ce qui persiste sous la surface. Ce fond noir – blackground – ne désigne pas seulement un arrière-plan oublié de l’histoire, mais aussi le fond historique, matériel et sensible sur lequel repose le monde contemporain.
Il rassemble les savoirs, pratiques et résistances élaborés dans les conditions de la violence coloniale, et qui continuent d’habiter le présent.
Travaillant à partir des absences, des récits fragmentaires et des gestes de résistance, les artistes réunis déploient des stratégies qui rendent visibles les mécanismes d’appropriation hérités du monde colonial, tout en les déjouant. Elles émergent depuis les mornes : ces lieux de refuge et de communauté où s’inventèrent d’autres manières de vivre et de résister, au-delà de la plantation.
Écouter ces murmures, c’est rester fidèle à ce qui ne nous parvient que par fragments, détours et fabulations. Les artistes réunis dans« Blackground : murmures des mornes » n’exhument pas des mondes effacés ; leurs œuvres proposent des formes qui déjouent leur capture.

Plus d'infos

Identité graphique : XLV Studio

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