Simon Gabourg - Papi, dis-moi pourquoi les arbres pleurent ?
Commissariat Cédric Fauq et Salma Mochtari
du 25 septembre au 1er novembre 2026 • Fabrique Pola, 10 quai de Brazza à Bordeaux
Exposition partenaire du projet BLACK GROUND : MURMURES DES MORNES, porté par le Capc - Musée d'art contemporain, le Frac Méca Nouvelle-Aquitaine, le Musée d'Aquitaine, la Bibliothèque de Mériadeck, Zébra3 et les Archives de Bordeaux Métropole.
🌢 LIVRET DE L'EXPOSITION
VERNISSAGE
VENDREDI 25 SEPTEMBRE I 18:30 - 00:00
GRATUIT
DJ set djbaboule & @_zch444
Buvette Polacabana
Simon Gabourg interroge les mémoires enfouies et les traces laissées par les systèmes commerciaux et industriels. Artiste né à Pointe-à-Pitre et diplômé de l’école des Beaux-arts de Bordeaux en 2022, il explore la diversité des flux culturels, économiques, sociaux et politiques qui traversent nos sociétés contemporaines. Il propose de créer de nouveaux récits alternatifs, des mythes et des formes inédites, à partir des vestiges de matériaux et d’objets techniques marqués par l’histoire. Des récits où coexistent d’autres formes de vie et de résilience et où les fragments du passé nourrissent les mondes à venir.
Après un premier volet de son travail consacré à la palette de bois, Simon Gabourg déploie aujourd’hui un nouvel axe autour du caoutchouc, à partir du port de Bordeaux et de la Garonne, territoires porteurs d’un riche patrimoine industriel et commercial.
Bordeaux, port stratégique dans le commerce du caoutchouc, devient le point d’entrée d’une réflexion sur l’industrialisation, l’exploitation des ressources naturelles (hévéa) et leurs enjeux environnementaux.
Accompagné par Zébra3 et les Archives de Bordeaux Métropole * durant plusieurs mois sous forme d’une résidence de recherche et de création, le projet s’ancre dans des lieux spécifiques de Bordeaux, en passant par Taïwan et les Antilles, grâce à un ensemble de partenaires et met en lumière les croisements entre mémoire, infrastructures industrielles et transformations écologiques.
Derrière cette matière se croisent des histoires de plantations, de transports, de guerres et de déplacements. Le caoutchouc a accompagné l’expansion industrielle autant que les trajectoires humaines, reliant des territoires éloignés, des économies coloniales, des paysages, des infrastructures et des corps mis au travail.
Dans l’exposition, des formes semblent parfois pousser, parfois s’effriter. Le bois, le métal, la rouille et des matières fatiguées cohabitent comme les restes d’un paysage en transformation. Quelque chose continue de circuler entre elles : des résidus, une énergie, une contamination lente entre le vivant et nos manières d’être au monde.
En arrière-plan demeure l’écho d’un départ vers l’Indochine, celui de son grand-père venu de la Martinique, pris dans une histoire plus vaste où circulaient déjà le caoutchouc, les machines et les conflits. Des matières extraites, usées et déplacées d’une géographie à l’autre, comme si elles continuaient de garder en elles les traces persistantes d’une histoire. Différents temps semblent alors se déposer les uns sur les autres : celui, lent, des arbres et de la croissance, celui, plus brutal, des extractions et des circulations coloniales, celui des guerres et de l’industrialisation, mais aussi celui, incertain, des ruines, des survivances et des transformations à venir.
Le titre reprend une question simple, presque enfantine : Pourquoi les arbres pleurent-ils ?
Peut-être parce qu’ils se souviennent. Peut-être parce qu’ils continuent de produire malgré les blessures. Peut-être aussi parce qu’entre le vivant et les objets fabriqués, la séparation n’a jamais été totalement nette.
* Simon Gabourg présentera un second volet de son exposition aux Archives de Bordeaux Métropole à partir du 10 décembre 2026.
Identité graphique : XLV Studio
EXPOSITION
DU 25 SEPTEMBRE AU 1ER NOVEMBRE
GRATUIT
du jeudi au dimanche
I 14:00 - 19:00

BLACK GROUND : MURMURES DES MORNES
Série de six expositions au Capc et dans cinq lieux partenaires de la ville de Bordeaux : Frac Méca, Musée d’Aquitaine, Bibliothèque de Mériadeck, Zébra3 - Fabrique Pola, Les Archives de Bordeaux Métropole, Blackground : murmures des mornes rassemble près de cinquante artistes, dont une majorité issue des diasporas afrodescendantes ultramarines.
À partir de Bordeaux et de l’Entrepôt Lainé – construit pour stocker des denrées coloniales – le projet explore les survivances de l’esclavage : ce qui demeure de sa violence, mais aussi ce qui lui a survécu. Comment montrer sans capturer, sans reproduire les violences qui ont fait des corps, des savoirs et des territoires des objets d’appropriation ?
Blackground : murmures des mornes invite à écouter ce qui persiste sous la surface. Ce fond noir – blackground – ne désigne pas seulement un arrière-plan oublié de l’histoire, mais aussi le fond historique, matériel et sensible sur lequel repose le monde contemporain.
Il rassemble les savoirs, pratiques et résistances élaborés dans les conditions de la violence coloniale, et qui continuent d’habiter le présent.
Travaillant à partir des absences, des récits fragmentaires et des gestes de résistance, les artistes réunis déploient des stratégies qui rendent visibles les mécanismes d’appropriation hérités du monde colonial, tout en les déjouant. Elles émergent depuis les mornes : ces lieux de refuge et de communauté où s’inventèrent d’autres manières de vivre et de résister, au-delà de la plantation.
Écouter ces murmures, c’est rester fidèle à ce qui ne nous parvient que par fragments, détours et fabulations. Les artistes réunis dans Blackground : murmures des mornes n’exhument pas des mondes effacés ; leurs œuvres proposent des formes qui déjouent leur capture.


